Dr H. Hospitaliste

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Gériatrie – congrès

Gériatrie et CHSLDFiche révisée · oct. 2026

💊 Doses / traitement

En bref : Ce sont les messages clés de gériatrie pour la pratique hospitalière et en CHSLD, en lien avec le congrès FMOQ « Gériatrie » (Québec, 24–25 avril 2025). Les 15 présentations en PDF n'ont pas pu être extraites de la note : cette fiche résume les recommandations actuelles sur les thèmes habituels du congrès. Ces thèmes sont le délirium, la déprescription, les chutes, les SCPD, la fragilité et le déconditionnement à l'hôpital. Il faut consulter les PDF originaux pour le contenu propre à chaque conférencier.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d'alarme

  • Délirium, surtout hypoactif (fréquent, pire pronostic).
  • Nouvelle chute ou confusion : revue de la médication.
  • Agitation : rétention urinaire, fécalome, douleur non reconnue.
  • Benzodiazépine + opioïde ; fardeau anticholinergique. ✅ À faire maintenant

  • CFS (état 2 semaines avant) et NIM dans les 24 premières heures.

  • AINÉES : autonomie, peau, nutrition, élimination, cognition, sommeil.
  • Délirium : CAM ou 4AT à chaque quart ; chercher médicaments, infection, rétention (bladder scan), fécalome, hypoxémie, sevrage, douleur.
  • Chute : orthostatisme, arythmie, médicaments, vision, TUG, cognition.
  • Beers 2023 et STOPP/START pour la déprescription. 💊 Premières ordonnances

  • Prévention HELP : réorientation, lunettes, appareils auditifs, sommeil, mobilisation, hydratation ; retirer les sondes.

  • Antipsychotique seulement si détresse ou danger : halopéridol 0,25–0,5 mg PO/SC ou quétiapine 12,5–25 mg, courte durée ; pas de BZD hors sevrage.
  • SCPD : non pharmacologique d'abord, acétaminophène régulier à l'essai ; rispéridone 0,25–0,5 mg die si psychose ou agressivité dangereuse, réévaluer à 4–12 sem.
  • Lewy ou Parkinson : éviter halopéridol et rispéridone.
  • Lever et marcher ≥ 3 fois/j ; éviter contentions et ridelles complètes. 📞 Appeler / référer si

  • Infirmière de liaison, SAD, URFI ou réadaptation : planifier le congé dès l'admission.

🔗 Ressources et raisonnement

📞 Consulter Quand consulter — Gériatrie · Urgente : consultation intrahospitalière · semi-urgente : intrahospitalière ou externe · élective : en externe

Évaluation gériatrique à l'admission

  • Échelle de fragilité clinique (CFS 1–9) : on la cote selon l'état 2 semaines avant la maladie aiguë. Elle oriente le pronostic, les objectifs de soins et le niveau d'intervention médicale (NIM), à documenter tôt.
  • AINÉES (approche adaptée à la personne âgée, MSSS) :
  • Autonomie et mobilité ;
  • Intégrité de la peau ;
  • Nutrition et hydratation ;
  • Élimination ;
  • État cognitif et comportement ;
  • Sommeil.
  • Les syndromes gériatriques à surveiller comprennent, entre autres : délirium, chute, déconditionnement, incontinence, dénutrition, lésion de pression, polypharmacie, douleur non reconnue et dysphagie.

Délirium

  • Dépistage à chaque quart chez les plus de 65 ans : CAM, ou 4AT (rapide, utilisable par tous).
  • Prévention non pharmacologique (modèle HELP), qui réduit l'incidence d'environ 30–40 % :
  • Réorientation, lunettes et appareils auditifs.
  • Sommeil (éviter les signes vitaux la nuit).
  • Mobilisation précoce, hydratation.
  • Traitement de la douleur et de la constipation, retrait des sondes.
  • Causes à chercher : médicaments (anticholinergiques, benzodiazépines, opioïdes), infection, rétention urinaire, fécalome, hypoxémie, troubles métaboliques, sevrage, douleur.
  • Les antipsychotiques ne préviennent pas le délirium et ne le traitent pas. Ils se limitent à une détresse ou un danger important, à faible dose (halopéridol 0,25–0,5 mg PO/SC ou quétiapine 12,5–25 mg) et pour une courte durée. Pas de benzodiazépine, sauf en cas de sevrage alcoolique ou de benzodiazépines.

Déprescription

Outil Messages clés
Critères de Beers (AGS 2023) Ne pas débuter d'AAS en prévention primaire ; AOD préférés à la warfarine, apixaban préféré au rivaroxaban en FA et en TEV ; éviter les sulfonylurées ; éviter les antipsychotiques dans la démence ou le délirium ; prudence avec les iSGLT2 ; benzodiazépines + opioïdes : risque majeur
STOPP/START v3 (2023) Repérer les prescriptions inappropriées et les omissions (statine, IECA, vitamine D, laxatif sous opioïde, etc.)
Deprescribing.org (Canada) Algorithmes : IPP, benzodiazépines et hypnotiques, antipsychotiques, antihyperglycémiants, cholinestérasiques

⚠️ Mis à jour (AGS Beers, 2023) : le rivaroxaban à long terme passe à « éviter » en FA et en TEV (plus de saignements digestifs). Les sulfonylurées sont à éviter comme classe entière.

  • Fixer des cibles moins strictes chez la personne fragile :
  • HbA1c 7,1–8,5 % et éviter l'hypoglycémie (Diabète Canada).
  • TA cible individualisée ; on cesse les antihypertenseurs en cas d'orthostatisme.
  • Le fardeau anticholinergique (oxybutynine, hydroxyzine, amitriptyline, diphenhydramine) cause délirium, chutes et rétention : on le remplace.

Chutes (World Falls Guidelines 2022)

  • Après une chute, on cherche la cause :
  • Orthostatisme, arythmie, syncope.
  • Médicaments augmentant le risque de chute : psychotropes, hypotenseurs, hypoglycémiants.
  • Vision, pieds, troubles de la marche et de l'équilibre (TUG > 12–15 s), cognition, incontinence, peur de tomber.
  • Intervention multifactorielle chez les personnes à haut risque : exercices d'équilibre et de renforcement, révision de la médication, environnement, vitamine D si carence, évaluation de l'ostéoporose après une fracture de fragilité.
  • À l'hôpital : éviter les contentions et les ridelles complètes, qui augmentent la gravité des blessures. Lit bas, toilettes régulières, chaussures adéquates.

SCPD et démence avancée (CHSLD)

  • Approche non pharmacologique d'abord : rechercher un besoin non comblé (douleur, faim, fécalome, rétention, peur, ennui, bruit). Utiliser le soulagement de la douleur à l'essai (acétaminophène régulier) et des outils comme PACSLAC ou PAINAD.
  • Antipsychotique seulement en cas de psychose ou d'agressivité dangereuse :
  • Rispéridone 0,25–0,5 mg die (à titrer) ou quétiapine si parkinsonisme ou démence à corps de Lewy.
  • Réévaluer à 4–12 semaines et viser la déprescription (MSSS / OPUS-AP).
  • Démence à corps de Lewy ou maladie de Parkinson : éviter l'halopéridol et la rispéridone (sensibilité extrême aux neuroleptiques).
  • Soins de fin de vie en démence avancée :
  • Alimentation de confort ; pas de gavage par sonde (aucun bénéfice).
  • Discuter du NIM et des transferts vers l'hôpital.

Déconditionnement associé à l'hospitalisation

  • Environ 30 % des aînés hospitalisés perdent de l'autonomie. Chaque journée au lit entraîne une perte musculaire importante.
  • Lever et marcher au moins 3 fois par jour dès que possible, s'asseoir au fauteuil pour les repas.
  • Éviter les sondes et les solutés « de routine » ; prescrire la mobilité et rendre ses lunettes et ses appareils auditifs au patient.
  • Planifier le congé dès l'admission : rôle de l'infirmière de liaison, du SAD, de l'URFI ou d'un séjour de réadaptation selon le potentiel.

Pièges et perles

  • Un délirium hypoactif passe souvent inaperçu ; il est pourtant le plus fréquent et a le pire pronostic.
  • Toute nouvelle chute ou confusion chez un aîné justifie une revue de la médication.
  • La rétention urinaire et le fécalome sont des causes classiques et réversibles d'agitation : il faut un bladder scan.
  • On note le CFS et les objectifs de soins dans les 24 premières heures.

Références