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Bronchite aiguë

InfectiologieFiche révisée · oct. 2026

Voir aussi : INESSS — Bronchite aiguë

💊 Doses / traitement

En bref : La bronchite aiguë est virale dans environ 90 % des cas. La toux peut durer jusqu'à 6 semaines sans justifier d'antibiotique. Le travail clinique consiste surtout à éliminer une pneumonie, une exacerbation de MPOC ou d'asthme, une insuffisance cardiaque et une coqueluche. Le traitement est symptomatique, avec des consignes claires sur la durée attendue de la toux.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d'alarme

  • Indices de pneumonie : FC > 100, FR > 24, T° > 38 °C, crépitants focaux, matité
  • Personne âgée : confusion, chute ou déclin fonctionnel
  • Dyspnée, douleur thoracique, hémoptysie
  • Toux en quintes, vomissements post-tussifs : coqueluche
  • MPOC connue : c'est une EAMPOC, pas une bronchite ✅ À faire maintenant

  • Signes vitaux (FR, SpO2, T°) et auscultation

  • RX pulmonaire seulement si un critère de pneumonie (seuil bas en CHSLD)
  • Tests influenza/COVID selon le contexte ; TAAN nasopharyngé si coqueluche suspectée 💊 Premières ordonnances

  • Aucun antibiotique en bronchite aiguë simple

  • Acétaminophène ou AINS, miel, hydratation ; salbutamol seulement si sibilances
  • Coqueluche : azithromycine 500 mg PO jour 1, puis 250 mg die jours 2–5
  • Influenza à risque élevé ou hospitalisé : oseltamivir 75 mg PO bid × 5 j (ajuster au rein) 📞 Appeler / référer si

  • Revoir si fièvre > 3 jours, dyspnée, hémoptysie ou toux > 3 semaines

  • Toux > 8 semaines : bilan de toux chronique
  • Spécialiste si toux > 6 semaines ou > 3 épisodes/an ; déclarer la coqueluche à la santé publique

🔗 Ressources et raisonnement

📘 Protocoles INESSS — Bronchite aiguë

Définition et causes

  • Inflammation aiguë des bronches. Elle se manifeste par une toux avec ou sans expectorations, chez un patient sans MPOC ni fibrose kystique.
  • Elle survient souvent après une infection des voies respiratoires supérieures. La fièvre est rare ou brève.
  • Agents : virus respiratoires (influenza, VRS, rhinovirus, SARS-CoV-2, etc.). Plus rarement : Mycoplasma, Chlamydia pneumoniae, Bordetella pertussis.
  • Des expectorations colorées (purulentes) ne signent pas une infection bactérienne.

Évaluation initiale

  • Anamnèse : durée de la toux, fièvre, dyspnée, douleur thoracique, quintes ou chant du coq, vomissements après la toux, contacts, statut vaccinal (coqueluche, influenza, COVID), tabagisme, comorbidités.
  • Examen : signes vitaux (FR, SpO2, T°), auscultation. Elle est habituellement normale ; des ronchi ou des sibilances sont possibles.
  • RX pulmonaire non systématique. On la demande si un critère suggère une pneumonie.
Indice de pneumonie (faire RX) Seuil
Fréquence cardiaque > 100/min
Fréquence respiratoire > 24/min
Température > 38 °C
Examen pulmonaire Crépitants focaux, matité, égophonie
Personne âgée Confusion, chute ou détérioration fonctionnelle sans autre cause
  • Les tests viraux (influenza, COVID) se font selon le contexte : hospitalisation, CHSLD, éclosion, ou s'ils changent la conduite (antiviral).

Diagnostic différentiel

Diagnostic Indices
Pneumonie Signes vitaux anormaux, signes focaux, RX
Exacerbation de MPOC MPOC connue ou tabagisme important, ↑ dyspnée et expectorations
Asthme ou bronchospasme Sibilances récidivantes, toux nocturne, atopie
Insuffisance cardiaque Orthopnée, œdème, crépitants bibasilaires
Coqueluche Quintes, toux > 2–3 sem, vomissements post-tussifs, exposition, vaccination incomplète
Toux post-infectieuse, RGO, écoulement postérieur, IECA Toux qui persiste après 3 à 8 semaines

Prise en charge

Antibiotiques

  • Aucun antibiotique, peu importe la durée de la toux (guide CHLM 2023 et INESSS). Ils ne raccourcissent pas la maladie de façon cliniquement significative et causent des effets indésirables.
  • L'INESSS suggère de considérer un antibiotique dans quelques situations : comorbidités majeures (p. ex. IC, IRC, immunosuppression), toux > 3 semaines ou âge ≥ 75 ans avec fièvre. On privilégie alors un macrolide (clarithromycine). On réévalue d'abord la possibilité d'une pneumonie.
  • Coqueluche suspectée :
  • Prélever un TAAN nasopharyngé.
  • Traiter par azithromycine 500 mg PO jour 1, puis 250 mg PO die jours 2 à 5, ou clarithromycine 500 mg PO bid × 7 j.
  • Le traitement réduit la contagiosité, surtout s'il est donné tôt (< 3 sem).
  • Maladie à déclaration obligatoire. Prophylaxie des contacts à risque selon la santé publique.
  • Influenza chez un patient hospitalisé ou à risque élevé : oseltamivir 75 mg PO bid × 5 j, à ajuster à la fonction rénale. Il est indiqué même après 48 h si le patient est hospitalisé.

⚠️ Une bronchite chez un patient MPOC n'est pas une bronchite aiguë simple : c'est une EAMPOC (critères d'Anthonisen). Le guide CHLM recommande alors, par exemple, cefprozil 500 mg PO bid, doxycycline 100 mg PO bid ou amoxicilline-clavulanate 875 mg PO bid × 5 j (voir la fiche MPOC).

Traitement symptomatique

  • Acétaminophène ou AINS au besoin, hydratation, miel (adulte), cesser le tabac.
  • Dextrométhorphane : effet modeste.
  • Opioïde antitussif (codéine) seulement si la toux est sévère et nuit au sommeil. Prescrire pour une courte durée et l'éviter chez la personne âgée fragile.
  • Bronchodilatateur (salbutamol) seulement en présence de sibilances.
  • Pas d'expectorant, de mucolytique ni de corticostéroïde (inhalé ou oral), sauf en cas d'asthme sous-jacent.

Suivi et congé

  • Expliquer que la toux dure en moyenne 2 à 3 semaines, parfois jusqu'à 6.
  • Consulter de nouveau si :
  • fièvre > 3 jours ou réapparition de la fièvre ;
  • dyspnée, douleur thoracique, hémoptysie ;
  • aggravation, ou toux > 3 semaines.
  • Toux > 8 semaines : bilan de toux chronique (RX, spirométrie ; voir la fiche « Toux subaiguë et chronique »).
  • Orienter en spécialité si la toux dure > 6 semaines, s'il y a > 3 épisodes par an ou si une autre cause est suspectée.

Pièges et perles

💡 Les mots « bronchite » et « expectorations vertes » ne sont pas des indications d'antibiotique. La décision repose sur les signes vitaux et l'examen pulmonaire, qui servent à éliminer une pneumonie.

  • Chez la personne âgée en CHSLD, une « bronchite » peut cacher une pneumonie d'aspiration ou une IC. Il faut un seuil bas pour faire une RX.
  • Penser à la coqueluche chez l'adulte qui a une toux en quintes prolongée, surtout s'il est en contact avec des nourrissons.
  • Une toux persistante sous IECA est un effet de classe. Remplacer par un ARA.

Références

  • Guide d'antibiothérapie empirique, section « Infection des voies respiratoires inférieures chez l'adulte » (Hôpital Charles-LeMoyne, mai 2023), document local.
  • Guide d'usage optimal – Bronchite aiguë (INESSS, 2017)
  • Notes personnelles de Dr H. (Apple Notes) : outil « CdM-Antibio1-Bronchite ».