En bref : Le congé se planifie dès l'admission : niveau de soins, date prévue de congé, obstacles. Au départ, quatre éléments réduisent les erreurs et les réadmissions : un bilan comparatif des médicaments (BCM), un enseignement vérifié par reformulation (teach-back), un rendez-vous de suivi réservé avant le départ (≤ 7 jours si haut risque) et un résumé de congé transmis en ≤ 48 h. Les résultats en attente et les incidentalomes doivent avoir un responsable nommé.
🩺 Au chevet
🚩 Signaux d'alarme
- LACE ≥ 10 : risque élevé de décès ou de réadmission à 30 jours.
- IC, MPOC, polypharmacie (≥ 10 médicaments), délirium (même résolu de justesse), isolement, faible littératie, réadmission récente.
- Résultats en attente (hémocultures, pathologie) sans responsable nommé.
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Congé le vendredi après-midi : pharmacie, SAD, lacune d'anticoagulation ou d'insuline. ✅ À faire maintenant
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Dès le jour 1 : niveau de soins, MSTP, date prévue de congé, obstacles (AVQ/AVD, cognition, soutien, logement, coûts).
- Demander ergo, physio, travail social dès que le besoin est prévisible.
-
Critères : signes vitaux stables 24 h, relais PO toléré, mobilité sécuritaire, soutien suffisant, plan compris. 💊 Premières ordonnances
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BCM de départ : chaque médicament nouveau, modifié, cessé (avec raison) ou inchangé.
- Vérifier : anticoagulant, antiplaquettaire, statine, lévothyroxine non repris ; IPP, sédatifs, antipsychotiques sans indication ; date d'arrêt de l'antibiotique ; sevrage des corticostéroïdes ; plan d'insuline.
- Couverture RAMQ et coût ; transmission à la pharmacie.
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Doses : voir Bilan comparatif des médicaments au congé. 📞 Appeler / référer si
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Suivi réservé avant le départ : ≤ 7 jours si haut risque ; appel à 48–72 h, SAD ou infirmière de liaison.
- Résumé au médecin traitant et à la pharmacie en ≤ 48 h ; sans médecin : GAP, IPS, clinique spécialisée.
- CHSLD complexe : appeler le médecin ou l'infirmière ; transfert : communication médecin à médecin.
🔗 Ressources et raisonnement
Planifier dès l'admission
- Dès le jour 1 :
- Niveau de soins (NIM) discuté et documenté.
- Meilleur schéma thérapeutique possible (MSTP) : DSQ, pharmacie communautaire, patient, pilulier.
- Date prévue de congé, révisée chaque jour à la tournée interdisciplinaire.
- Repérer tôt les obstacles au congé :
- autonomie (AVQ, AVD), cognition et délirium ;
- soutien à domicile, logement, coûts des médicaments ;
- besoin d'hébergement (CHSLD, ressource intermédiaire) ou de réadaptation.
- Aviser le médecin de famille, le CLSC et le soutien à domicile (SAD) de l'admission. Si le patient n'a pas de médecin, planifier l'accès par le GAP.
💡 La plupart des journées « en trop » viennent d'une évaluation (ergo, physio, travail social) demandée le jour où le patient est prêt à partir. Il faut la demander dès que le besoin est prévisible.
Processus de congé
Critères de congé (à adapter au diagnostic)
- Signes vitaux stables depuis 24 h, ou au niveau de base du patient.
- Traitement réalisable hors de l'hôpital : relais PO fait et toléré, pas d'oxygène nouveau, sauf avec une oxygénothérapie à domicile organisée.
- Douleur, alimentation et élimination maîtrisées. Mobilité sécuritaire, évaluée par la physiothérapie au besoin.
- État cognitif connu, et soutien suffisant à domicile.
- Plan de suivi et ordonnances prêts. Le patient (ou un proche) comprend le plan.
Bilan comparatif des médicaments au congé
- Comparer trois listes : le MSTP d'avant l'admission, les médicaments reçus à l'hôpital et ceux prévus au congé.
- Pour chaque médicament, indiquer s'il est nouveau, modifié (dose ou fréquence), cessé (avec la raison) ou inchangé.
- On évite les erreurs fréquentes :
- médicament cessé à l'admission et jamais repris (anticoagulant, antiplaquettaire, statine, lévothyroxine) ;
- doublons entre nom commercial et générique ;
- IPP, sédatifs ou antipsychotiques débutés à l'hôpital sans indication persistante ;
- durée d'antibiotique et date d'arrêt absentes ;
- corticostéroïdes sans plan de sevrage ;
- insuline ou hypoglycémiants modifiés sans plan de glycémies.
- Médicaments à haut risque à expliquer en priorité : anticoagulants, insuline, opioïdes, diurétiques, digoxine.
- Vérifier la couverture RAMQ (médicament d'exception, code) et le coût. Prévoir la transmission à la pharmacie communautaire.
Résumé de congé : contenu essentiel
| Élément | Détail |
|---|---|
| Diagnostics | Principal et secondaires ; complications ; niveau de soins |
| Évolution | Résumé bref, interventions, consultations |
| Médicaments | BCM : nouveaux, modifiés, cessés avec la raison |
| Résultats en attente | Cultures, pathologie, examens externes : qui fait le suivi |
| Suivi recommandé | Examens à refaire (p. ex. Na en 1 semaine, ETT, TDM de contrôle), incidentalomes et délais |
| Rendez-vous | Date, médecin, clinique |
| État au congé | Fonction, cognition, poids (IC), créatinine de base |
| Communication | Discussions avec la famille, enjeux psychosociaux |
⚠️ Envoyer le résumé au médecin traitant dans les 48 h (énoncé de qualité HQO). Chez le patient sans médecin de famille, désigner explicitement le suivi : GAP, clinique d'IPS, clinique spécialisée.
Repérer le patient à haut risque : indice LACE (van Walraven, CMAJ 2010)
| Critère | Points |
|---|---|
| L : durée de séjour | < 1 j = 0 ; 1 j = 1 ; 2 j = 2 ; 3 j = 3 ; 4–6 j = 4 ; 7–13 j = 5 ; ≥ 14 j = 7 |
| A : admission urgente (acuity) | Oui = 3 |
| C : comorbidités (Charlson) | 0 = 0 ; 1 = 1 ; 2 = 2 ; 3 = 3 ; ≥ 4 = 5 |
| E : visites à l'urgence dans les 6 mois précédents | 0 à 3 = nombre de visites ; ≥ 4 = 4 |
- Un score ≥ 10 indique un risque élevé de décès ou de réadmission à 30 jours. Ces patients justifient :
- un suivi médical en ≤ 7 jours ;
- un appel téléphonique à 48–72 h ;
- un SAD ou une infirmière de liaison.
- Autres signaux : IC, MPOC, polypharmacie (≥ 10 médicaments), délirium, isolement social, faible littératie, réadmission récente.
Enseignement au patient
- Reformulation : « Pour être sûr que j'ai bien expliqué, pouvez-vous me dire comment vous allez prendre votre nouveau médicament ? »
- Remettre des instructions écrites simples : diagnostic, médicaments, signes d'alarme et quoi faire (qui appeler, quand revenir), activités permises.
- Faire le lien entre chaque nouveau médicament et le diagnostic.
- Impliquer le proche aidant avec le consentement du patient.
- Plans d'action selon la maladie :
- IC : pesée quotidienne ; appeler si le poids augmente de plus de 2 kg en 3 jours.
- MPOC : plan d'action et prednisone ou antibiotique de réserve.
- Diabète : glycémies, hypoglycémie.
Transitions particulières
| Vers… | Points clés |
|---|---|
| CHSLD / RI | Niveau de soins, BCM complet, plan de soins (plaies, alimentation, mobilité), consignes de déprescription, coordonnées du médecin traitant ; appel au médecin ou à l'infirmière du CHSLD si le cas est complexe |
| Réadaptation / UTRF | Objectifs fonctionnels, restrictions de mise en charge, rendez-vous de suivi ortho ou neuro |
| Domicile avec SAD | Demande au CLSC avant le congé : soins infirmiers, aide à domicile, équipement |
| Soins palliatifs à domicile | Ordonnances anticipées (détresse, douleur, dyspnée), trousse de détresse, équipe de soins palliatifs du CLSC |
| Autre hôpital (transfert) | Communication médecin à médecin, résumé, imagerie, BCM, statut infectieux (SARM, ERV, C. difficile) |
Pièges et perles
- « Congé un vendredi après-midi » : vérifier que la pharmacie est ouverte, que le SAD peut démarrer et qu'il n'y a pas de lacune d'anticoagulation ni d'insuline pendant la fin de semaine.
- Les résultats en attente (hémocultures, pathologie) sont la principale source d'erreurs après le congé. Il faut nommer qui en fera le suivi.
- Le délirium résolu de justesse est un facteur de risque de chute et de réadmission. Prévenir la famille et prévoir une évaluation cognitive en externe.
- Un patient qui « refuse » le congé cache souvent un problème non réglé : peur, absence de soutien, coûts. Il faut l'explorer.
- Les visites de suivi précoces et les appels sont plus efficaces dans un ensemble d'interventions (bundle) que seuls.